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    Mediha Khelil : Commentaire critique sur le système de modélisation Enkimdu

    (2904 mots dans ce texte )  -   lu : 625 Fois     Page Spéciale pour impression

    INTRODUCTION

     

    Cet article met en évidence les étapes auxquels sont confrontés les chercheurs pour établir des modèles de système d’établissement dans un environnement dynamique. La détermination de ce type de modèle est établit dans le cadre de simulations particulières qui seront décrites plus loin dans le commentaire.

     

     

    Choix de la région à modéliser

     

    Le Proche-Orient Ancien semble ici fournir un laboratoire idéal pour l’étude des interactions humaines et environnementales. L’âge du bronze serait la période appropriée pour les chercheurs car elle offre un énorme choix de données tirées des études archéologiques et textuelles qui peuvent être incorporées à un cadre analytique social, économique, et environnemental s’étendant sur plusieurs millénaires.

    A savoir que l’âge du bronze ancien est une période de nouvelle ère où le phénomène d’urbanisation fait son entrée. Les chercheurs se sont attachés à modeler les systèmes d’installation des états du Nord de la Mésopotamie et ceux de la Mésopotamie méridionale, en l’occurrence il s’agirait de l’étude de la Syrie et de l’Irak.

    L’objectif étant d’analyser comment les communautés ont répondu aux efforts environnementaux et socio-économiques à travers une étude comparative.


     



    Problématique

     

    L’idéal à travers une modélisation serait de répondre ici à des questions précises qui émanent des chercheurs :

    • Comment et pourquoi les villes, du IV ème et du III ème millénaire avant notre ère, de la Mésopotamie du sud sont devenues plus grande et plus complexe que celle du nord ?

    • Quelle était la trajectoire dynamique de telles installations dans le temps ?

    • Et comment ces villes ont-elles répondu à un environnement normal ou capricieux ?

    Les facteurs répondant à la question de la « supériorité » de la Mésopotamie du sud

     

    Selon Guillermo Algaze, l’avancé dans cette région est dû au fait que les sociétés méridionales ont eu plusieurs avantages matériels important par rapport aux villes voisines. Les facteurs contribuant à cette situation seraient alors une concentration plus dense et plus diverse des ressources exploitables, ainsi que de plus grand et plus fiables rendements agricoles. Enfin le dernier facteur serait l’utilisation d’un système plus efficace de distribution basé sur le transport de l’eau.

    Ces prétendues avantages auraient, de même, favorisés la création de modèle asymétrique d’échanges parmi les états indépendants de la Mésopotamie du sud et les pays voisins.

     

     

    Vers une approche du modèle

     

    L’acceptation fondamentale de l’approche de modélisation est fondée sur l’idée que les centres urbains apparus dans le nord et le sud de la Mésopotamie étaient en partie, des phénomènes émergents qui sont soit le résultat de processus « positifs » de rétroaction qui ont favorisé la croissance et la concentration des populations, soit le résultat de processus « négatif » de rétroaction qui ont contraint la croissance à ralentir.

    Ainsi, puisque des villes comme celles du nord de la Mésopotamie ont des dimensions assez petites (près de 130 ha.) tandis que celles du sud, on estime leur dimension dans les alentours de 400 ha. , on peut supposer dans la logique des choses que les premières auraient souffertes des processus négatifs de rétroaction, tandis que les secondes auraient eu le contraire.

    C’est donc, dans un premier temps, à travers l’idée que la croissance urbaine était simplement le résultat de l’opération de prétendus facteurs « ascendants», que la démarche de modélisation urbaine entre en jeu. De même que les facteurs tels que l’échange entre les réseaux interrégionaux des productions de base et des informations doivent également contribué aux modèles différentiels de la croissance entre le sud et le nord.

    C’est grâce à la télédétection et les nouvelles technologies de pointes 3D que l’on peut actuellement démontrer le contraste remarquable entre les réseaux de transport mésopotamien du nord et du sud. L’application de modèle unique implique donc l’utilisation de technique moderne telle que la manipulation du satellite Corona qui fournit semble-t-il un rendu sensible des systèmes d’itinéraire de tell Brak par exemple (III ème mill. avant notre ère), dans le cas où les textes cunéiformes apportent peu d’information sur l’itinéraire de certaines population à l’âge du bronze.

    Les chercheurs dans cette approche de modélisation tenaient compte aussi des fluctuations environnementales qui doivent absolument être incorporées aux modèles de l’économie régionale. Par exemple, une inondation localisée pourrait par la suite favoriser la culture de produit de base dans la région anciennement inondée, ou une sécheresse contraindrait la production d’une population à ralentir voir même à s’arrêter en entrainant un effondrement démographique.

     

    Les « agents » du modèle au Proche Orient Ancien

     

    L’agent de base employé dans le modèle est l’individu en tant que membre d’un ménage patriarcal. Ce type de ménage est certifié dans le cadre de l’étude comme unité sociale et économique fondamentale dans le Proche Orient.

    Le ménage étant donc le groupe sociale le plus important, une attention considérable est consacrée à étudier l’approvisionnement du ménage aussi bien que son développement dans le temps.

    L’économie de subsistance basée sur des demandes alimentaires journalières et la production agricole du ménage sont aussi étudier pour la modélisation puisqu’ils sont étroitement liés avec l’agent principal du modèle.

    Néanmoins, les chercheurs semblent n’écarter aucun point. Ces derniers estiment que les villes mésopotamiennes ne dépendent pas seulement d’une production de subsistances. Il est donc nécessaire que le modèle tienne compte aussi du commerce, en l’occurrence des échanges et de la diffusion des informations ainsi que l’accumulation et la distribution de la richesse.

     

    1ère étape de l’approche : entrée des données

     

    L’élaboration d’un modèle d’une communauté ancienne exige un éventail de données d’entrées se reliant spécifiquement aux processus de base de la vie quotidienne aussi bien qu’aux comportements des différents agents. Dans cette étude de cas, les chercheurs tiennent compte de certains facteurs :

    • La taille des ménages

    • Le calendrier agricole qui règle la vie quotidienne des ménages

    • Les conditions sociales et économiques pendant un événement

    • Les composants de l’économie pastorale…

     

    Tout doit être notifié et représenté dans l’idéale de manière quantitative.

    Les sources principales pour récupérer ces données sont les fouilles archéologiques, l’ethnoarchéologie, les textes cunéiformes et d’autres documents historiques. Toutes ces informations ont été regroupées dans un tableau pour faciliter la recherche. (Table 1).

    Les tablettes cunéiformes auraient joué un rôle extrêmement important dans la formulation du modèle. Il s’agit des sources les plus fiables historiquement parlant. En effet une partie significative de l’économie mésopotamienne est basé sur l’agriculture, et les sources écrites fournissent des informations détaillées sur pratiquement chaque aspect de la production agricole : la quantité de la production, la main-d’œuvre utilisée, les outils utilisés et leurs quantités, les rendements unitaire d’un produit dans différent champs, les systèmes d’irrigations, et le labourage jusqu’au stockage…

    L’étude comparative entre le nord et le sud est donc réalisé à l’aide des données sur les rendements dans une région et sur le paysage agricole (taille et formes des différents champs cultivés). Au nord, les villes étaient plus petites, agglutinées le long des cours d’eau. Les installations allaient de 1 à 5 ha. Jusqu’à 100 ha., les petites agglomérations dépendant des plus grandes. Dans le sud, les villes sont complètement dépendant des systèmes d’irrigations complexes, favorisant le transport maritime des produits de base.

    Les modèles d’installation diffèrent donc dans le sud et dans le nord de la Mésopotamie. Les systèmes d’irrigations dans le sud entraineraient une augmentation de la production des produits de base et donc une amélioration de la croissance économique et démographique. Il s’agit donc pour les cas de la Mésopotamie du sud, d’un procédé de rétroaction positifs d’où l’installation des villes autours de canaux d’irrigation facilitant la production.

    De façon générale, les conditions sociales ou économiques dans le sud de la Mésopotamie sont propices à la croissance, tandis que la situation contraire est attesté pour le nord.

     

     

     

    Tell Beydar : tentative de modélisation

     

     

    Le modèle ici serait focalisé sur un système simple d’installation localisé autour de Tell Beydar dans le bassin du Khabur au nord de la syrie. Ce site de l’âge du bronze est une source d’information intéressante pour l’élaboration d’un modèle. Les données d’entrée concernent : les sites agricoles, la disposition spatiale des sites autours de Tell Beydar et la description des équipes de charrue indiqués dans les textes cunéiformes.

     

    Ici l’approche du paysage couplée aux données textuelles fournit des informations sur l’installation des populations, ainsi que sur la capacité de la zone agricole et de l’appuie des populations qui a excédé la production agricole si l’on se fie aux données d’entrées du tableau 3.

     

     

     

    Table 3: Estimated Cultivated Areas for Tell Beydar and its Satellite Sites.

    Beydar with Satellites


    Area required to sustain the estimated site population (100-200 persons/ha)

    Area estimated from all plow animals administrated by Beydar

    Total land allocated (demand?)

    1,700-3,500 ha

    1,683-3,132 ha

     

     

    Beydar Only


    Area estimated from Hollow Way catchment around Beydar

    Area estimated from plow animals working Beydar fields

    Arable land around Beydar (supply?)

    1,503 ha

    1,131-2,097 ha

     


     

     

    2ème étape : la simulation

    Outils de la simulation

     

    ENKIMDU

     

    Afin d’établir des résultats plus perspicaces dans la dynamique des processus complexe des systèmes d’installations de la Mésopotamie, les chercheurs et en particuliers les informaticiens ont développé un nouveau moteur holistique de simulation.

    Connu sous le nom d’ENKIMDU (dieu sumérien de l’agriculture et de l’irrigation) est donc une plateforme modelante employé pour étudier des interactions socio-écologiques, ici de la Mésopotamie.

    Il s’agit d’un cadre de simulation qui à été développé pour répondre à beaucoup de questions dans le développement des cultures.

    Les processus basique d’étude de la plateforme est le temps, la croissance des récoltes, l’hydrologie, l’évolution des sols, la dynamique de la population et les processus sociaux (communauté, comportement, commerce). Enkimdu intègre plus intensivement des processus dynamique tels que le comportement humain et les récoltes.

    Le système de simulation inclut des mécanismes pour la construction des composants démographique et des ménages qui sont nécessaire pour caractériser la population initiale. Enkimdu donne des aspects fortement instructifs sur les agents des modèles qui se rendent utiles pour les sociologues dans l’étude d’intérêts divers dans les composants d’une société.

     

    MASS (Modeling Ancient Settlement Systems)

     

    Les chercheurs du MASS projettent de conduire des simulations détaillant 100 ans de vie quotidienne dans les communautés d’exploitation agricole ancienne dans les états du nord et les régions du sud de la Mésopotamie.

    Chaque simulation intègre des centaines d’évènements, y compris des naissances, décès, labourage, des conflits, la moisson, le quotidien, la dynamique de récolte, la maladie, etc.…

    A travers ces simulations, les chercheurs tentent d’évaluer des hypothèses au sujet des types de facteurs qui affecteraient la durabilité d’une installation. Ce système de simulation semble pouvoir faire des choses remarquables.

    Comptant aussi sur le système dynamique d’information sur l’architecture (DIAS), le programme de simulation couvre des scénarios complexes et détaillés, entreprenant les expériences sociales et historiques qui seraient autrement impossible.


     

    FACET

     

    Ce système met en application, tout comme Enkimdu, des modèles de comportement dynamique des individus multiples ou des « agents » dans une simulation. La fonction de FACET inclut les composants de logiciel générique qui fournissent aux agents divers mécanismes dans l’interaction, telle que la logique d’étape, la gestion des ressources, la résolution de conflit et la manipulation de préemption d’évènement.

    Chaque simulation contient un graphique dirigé par différentes actions qui représentent n’importe quel mode connu de comportement social.

    Dans une simulation importante, il peut y avoir un très grand nombre d’agents. Pour chaque agent, les modèles auront progressé à différentes étapes d’accomplissement.

     


     

    Objectif de la simulation

     

    Les chercheurs établissent un modèle dynamique d’objet de la vie mésopotamienne en utilisant le DIAS, le FACET, et Enkimdu modelant des cadres.

    L’objectif de ce travail est de gagner un meilleur arrangement de la dynamique des centres urbains ancien de la Mésopotamie en explorant leur durabilité, la croissance ou le déclin face à l’effort environnementale en utilisant des modèles de simulations.

    Ces outils fournissent l’expressivité, la flexibilité et la modularité nécessaire pour formuler la nature complexe et multidisciplinaire des processus environnementaux. Séparant l’exécution des processus sociaux, des comportements modèle de processus normaux, ces outils influencent, réduisent au minimum (voire même élimine) la nécessité de retoucher ou recréer un système quand de nouveaux modèles sont ajouté à la suite. Cette modélisation facilité la création rapide de suites multiples et diverses de simulation et favorise la prise de jeu des modèles alternatifs.

     

     

    Simulation sur la Mésopotamie : le cas de Tell Beydar

     

    Des scénarios de simulation de Tell Beydar ont été développés en employant l’information textuelle et le détail des techniques modernes sur l’aperçu des sites renforcé par l’information additionnelle d’un éventail de sources anciennes applicable dans tout le monde oriental.

    La simulation a été faite, comme expliqué précédemment, sur 100 ans. Les données initiales de la simulation regroupent 501 agents ou individus dont 105 ménages à Tell Beydar. Chaque ménage à reçu au début douze bêtes (8 moutons et 4 chèvres). Tout les ménages ont essayé de s’engager dans l’agriculture avec des techniques agricole de l’âge du bronze. Il s’agit là du scénario de base.

    Dans une simulation normale, la population totale de Tell Beydar après 100 ans est 708 individus. Il s’agit là d’un scénario plutôt simpliste où les populations n’ont pas été soumises à un milieu ambiant, donc à la variabilité du climat et à la malchance démographique.

    D’autre simulation ont été faite sur Tell Beydar en partant de la même base soit 501 agent. Le deuxième scénario inclut le manque chronique de mains d’œuvre et de charrue. Selon le nombre d’équipe donné pour un ménage, la situation initiale prend deux directions complètement différentes. Soit la population évolue normalement soit elle subit une catastrophe globale avec un déclin abrupt de la population sur 10 ans. Le cas d’une pénurie de main d’œuvre en contradiction avec une moisson croissante est aussi pris en compte dans la simulation. Moins de personnel entraine des disparités dans production (crise du travail). Cependant les populations se sont adaptés a ces procédés de rétroactions négatifs à l’aide d’échange entre le bétail et la production de base dans l’ensemble la population a survécu à la crise.

     


     

     

    Le 3ème scénario de la simulation inclut l’épidémie de diphtérie. D’après les résultats de ce scénario, le taux de croissance de la population se réadapte après les premières années de l’épidémie. Sur le court terme, les pertes démographiques sont passé inaperçu et ne dépeint pas sur l’évolution de la croissance économique. Cependant sur le long terme, tout les enfants morts devaient être adultes quinze après. La perte démographique se ressent et exerce un effet plus grave sur la population, car les pénuries de la main d’œuvre entraine un déclin de l’économie de production. Mais l’émigration à permis de rétablir tout doucement la dynamique de la population.

     

    Ainsi, les données finissent en général par converger sur des résultats semblables. Dans chaque simulation, la dynamique sociale et les processus normaux ont affecté les capacités des ménages qui tendaient vers la survie par le biais des échanges, émigration, adaptation économique.

     

    CONCLUSION

     

     

    De façon générale, les résultats des simulations bien que préliminaires, fournissent un niveau riche de l’analyse qui manque parfois dans les approches archéologiques plus traditionnelles.

    L’idée d’élaborer un modèle des systèmes d’installation dans un environnement dynamique est très intéressante. Il s’agit d’un travail de grande envergure où il faut savoir trier les données.

    Les conséquences d’un tel travail est l’arrangement amélioré de la façon dont les hommes agissent l’un sur l’autre avec la dynamique des mécanismes écologique et climatique, fondamentale à la gestion écologique.

    En outre, les études de l’effet des systèmes humains comme cause de l’effondrement des sociétés passées sont également d’importance fondamentale.

    Ce projet est donc susceptible d’avoir de l’influence dans l’étude de l’urbanisation actuelle et future.




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